I- Un petit Etat enclavé et peu peuplé
1 - Le Sultanat de Brunei est un petit Etat de 5.765 km², formé de deux enclaves séparées par le district malaisien de Limbang, sur la côte nord-ouest de l’île de Bornéo. A l’exception du mont Pagon, culminant à 1.841m, à lextrème sud-est du pays, la majeure partie du territoire est consitutée d’une plaine côtière couverte aux trois quarts de forêt tropicale. La Capitale, Bandar Seri Begawan, est située à l’embouchure de la rivière Brunei.
2- La population comprend 67% de Malais, 15% de Chinois et 6% d’autres ethnies.
Le pays accueille aussi de nombreux travailleurs immigrés (principalement Malaisiens, Indonésiens, Philippins et Bangladais) et une communauté expatriée occidentale, en majorité britannique et australienne. Un tiers de la population active est **étrangère.
3- Avec 60 à 70.000 personnes, la communauté chinoise, prospère et en majorité catholique, détient la quasi totalité du commerce et des services privés. Bien qu’installés depuis plusieurs générations, ils ne bénéficient pas de la nationalité brunéienne et doivent se contenter d’un simple statut de résidents permanents.
II - Un pays autrefois plus étendu mais qui a failli disparaître
1 - L’origine du Sultanat est incertaine. Brunei (de son nom complet Negara Brunei Darussalam, ou "demeure de la paix") apparaît pour la première fois dans des sources écrites chinoises du VIème siècle, où il figure parmi les tributaires de l’Empire. Au XVème siècle, il s’étend sur une grande partie de l’île de Bornéo et sur les îles de Sulu et de Palawan, au nord (actuelles Philippines). C’est alors un royaume marchand prospère, qui produit du camphre, réputé dans toute l’Asie. Antonio Pigafetta, un compagnon de Magellan, écrit en 1521 la première description du Brunei en langue occidentale. Le nom de "Bornéo", donné alors à la grande île, dérive de la prononciation de Brunei.
2 - A partir du XVIème siècle, Brunei entame un long déclin. La fermeture de la Chine au commerce maritime porte un rude coup au sultanat, dont le dynamisme commercial s’étiole. Au nord, les Sultans de Sulu affirment leur pouvoir, et la Compagnie hollandaise des Indes orientales étend son influence sur le sud de Bornéo.
L’occupation de Malacca par les Portugais en 1511 en chasse les marchands arabes, dont une partie s’installe alors au Brunei et contribue à redynamiser quelque peu le commerce, mais les Sultans se montrent incapables de résister aus empiètements territoriaux de leurs voisins. Au XIXème siècle, Brunei est réduit au territoire actuel de Sabah et de Sarawak.
A partir de 1839, un aventurier britannique, James Brooke, se taille un royaume à Bornéo et fonde une dynsastie qui ne sera chassée qu’en 1941 par l’invasion japonaise. Brooke, et ses succeseurs, bien armés, s’érigent en "protecteurs" des Sultans, réprimant pour leur compte les révoltes endémiques des tribus de pirates. En contrepartie, ils obtiennent des cessions de territoires. En 1841, James Brooke obtient le titre de Rajah (gouverneur) de Sarawak, puis la la pleine souveraineté en 1846. Brooke souhaite alors faire de Brunei, qui possède des mines de charbon à ciel ouvert, une escale sur la route maritime de Singapour à Hong Kong. Sarawak empiète progressivement sur les territoires du Sultanat, jusqu’en 1890 où il prend possession de la vallée du fleuve Limbang, séparant Brunei en deux, et mettant en danger son existence. Au nord, les Espagnols prennent possession des îles Sulu en 1873, et la British North Borneo Company contrôle les territoires du nord-ouest de Bronéo à partir de 1881. A la fin du XIXème siècle, Brunei, pris en tenaille, est à peu près réduit à sa taille actuelle.
3 - Le protectorat britannique sauve Brunei de la disparition. La Grande-Bretagne, inquiète de la poussée coloniale des Français au Tonkin, des Allemands aux Carolines et des Hollandais en Indonésie, décide d’appliquer un protectorat sur le Sultanat. Le Sultan peut ainsi mettre un terme au grignotage qui menaçait son territoire de disparition. Le protectorat est effectif à partir de 1906, avec la nomination d’un résident britannique gérant l’ensemble des affaires du Sultanat, à l’exception du domaine religieux. La découverte et l’exploitation par Shell d’un riche gisement de pétrole à Seria en 1929 permet au Sultanat de retrouver sa prospérité. Les structures économiques et sociales commencent alors à évoluer : la production de caoutchouc est abandonnée, et apparaît une petite élite malaise, soutenue par les commerçants chinois. L’occupation japonaise, qui ne rencontre pas de véritable résistance, n’entraîne aucun changement, et la Grande-Bretagne rétablit son protectorat après la guerre.
4 - L’autonomie interne est accordée en 1959, sauf pour la politique étrangère et la défense, qui restent du ressort de la Couronne britannique. Le 29 septembre 1959 est promulguée une constitution, qui laisse une grande partie du pouvoir au souverain. Elle prévoit un conseil législatif de 33 membres, dont 17 sont nommés par le Sultan, et 16 élus au suffrage universel.
5 - La montée du nationalisme, encouragée par l’accession à l’indépendance des nations voisines, débouche sur l’insurrection de 1962, qui conduit le Sultan à déclarer l’état d’urgence, toujours en vigueur. La Parti Ra’ayat Brunei (ou People Party of Brunei), le PRB, est fondé en 1956 par Ahmad Azahari. Il prône l’indépendance au sein d’une Fédération du Kalimantan Utara, regroupant les trois Etats du nord-ouest de Borneo (Sarawak, Sabah et Brunei). D’inspiration socialiste, affichant sa sympathie pour l’Indonésie de Soekarno, il bénéficie d’un courant d’opinion modernisateur, issu de l’essort économique. Le PRB remporte l’intégralité des 16 sièges pourvus au suffrage universel lors des élections d’août 1962 tenues sous l’égide des Britanniques, mais le Sultan rejette le Conseil législatif issu des urnes. Suite à la découverte d’une cache d’armes par la police, l’insurection est déclenchée dans la précipitation, avec 4.000 hommes, le 7 décembre 1962, mais est écrasée dès le 12 décembre grâce à l’intervention de l’armée britannique. La constitution est suspendue, l’état d’urgence est décrété, les principaux leaders politiques sont incarcérés.
6 - Dans le contexte de la décolonisation, le maintien du protectorat devient embarassant pour la Grande-Bretagne. Les négociations pour l’accès à l’indépendance débutent en 1964, à l’initiative de Londres, sans véritable enthousiasme des Bruneiens. La Consitution est rétablie et des élections ont lieu, pour la dernière fois, en 1965, sous la pression des Britanniques. Le Conseil législatif élu sera suspendu à l’indépendance. Le Sultan accepte finalement, contre des garanties de sécurité, de signer un accord avec Londres en 1979, et Brunei accède à l’indépendance le 1er janvier 1984. date juridiquement reconnue par l’ONU. Toutefois, pour respecter les augures, le jour officiel de l’indépendance (commémoré par la fête nationale) a été fixé par les autorités au 28 février 1984.
III - Un Islam dominant mais sous contrôle
1 - Le Sultanat de Brunei pratique un islam modéré mais vigilant, qui laisse peu de place aux autres religions. L’islamisation est tardive (elle n’est pas attestée avant le XIVème siècle), et n’a réellement progressé qu’à partir des années 50. La famille régnante semble s’être convertie au début du XVIème siècle, en liaison avec la percée des Occidentaux dans la région. L’Islam reste d’abord confiné à la noblesse, qui y trouve un moyen de renforcer la cohésion du royaume et de son administration. Il ne s’étend en dehors des cités marchandes qu’à partir du XVIIIème siècle et se propage lentement au cours du XIXème siècle. La population musulmane ne représente que 54,7% en 1947, pour atteindre 62,1% en 1971 et 75% aujourd’hui, grâce à de nombreux efforts pour encourager les conversions. Les Britanniques, soucieux de doter le Sultanat d’une administration moderne sont les premiers à codifier le droit islamique vers 1912-1913, et fortement encouragé par un Sultan dévot à partir de 1950, mais il faut attendre 1954 pour que soit créé un département des affaires religieuses au sein du gouvernement. La grande mosquée de Bandar Seri Begawan est construite en 1958, et les premiers centres d’enseignement religieux ouvrent en 1966. Avec l’autonomie en 1959, puis l’indépendance en 1984, la pratique de l’Islam a été renforcée par le gouvernement afin de conforter l’identité nationale.
2- Aujourd’hui, la quasi totalité de la population active musulmane occupe des emplois bien rémunérés dans la fonction publique ou dans la compagnie semi-publique Brunei Shell Petroleum. Très peu de non-musulmans occupent des postes élevés dans l’administration. L’islam est vécu comme une foi mais aussi comme une garantie matérielle. Les Musulmans respectent les prières, déposent leurs économies à la banque islamique, effectuent le pélérinage à la Mecque (offert par l’Etat) et obéissent à toutes les recommandation des autorités religieuses. Les femmes bénéficient de plus de liberté que dans d’autres pays musulmans. Depuis le début des années 90, les autorités religieuses ont fait pression pour qu’elles portent le foulard, mais elles jouissent de l’égalité professionnelle, de l’accès aux études supérieures, et peuvent conduire une automobile sans restriction. Un certain nombre de mesures répressives viennent renforcer les incitations matérielles à la ferveur religieuse : interdiction de consommation d’alcool pour les Musulmans depuis 1991, vérification de la qualité halal de l’alimentation, amendes diverses (pour "promiscuité de couples illicites"). De fortes amendes sont prévues pour les utilisateurs d’internet qui se connecteraient à des sites hostiles à l’Islam ou à la politique du Sultanat.
3 - L’Islam est un instrument de contrôle social et politique efficace, au point d’imposer au imams de toutes les mosquées le même sermon du vendredi rédigé sous l’autorité du ministère des affaires religieuses. Le maintien de l’orthodoxie sunnite prônée par les Sultan est une priorité, et le ministère de l’intérieur y veille. En dépit de l’appartenance de Brunei à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) l’ouverture d’un centre culturel iranien a été refusée en 1997, et une tentative de rapprochement à l’initiative du régime des Talebans a été repoussée.
4 - Les autres religions sont tout juste tolérées, à condition d’éviter tout prosélytisme. La constitution de 1959 stipule dans sont article 3 que "L’Islam est la religion officielle de l’Etat, dans le respect des rites sunnites mais toutes les autres religions pourront être pratiquée en paix et en harmonie sur le territoire de Brunei Darussalam". Les statistiques officielles de 1991 indiquaient que les Bouddhistes représentaient 12% de la population, et les Chrétiens, 9%. Les catholiques regrouperaient 3.000 Brunéiens et 17.000 expatriés, dont une grande majorité de travailleurs immigrés philippins. Les églises chrétiennes font l’objet de restrictions. Toute construction ou réparation d’un bâtiment sont interdites. Les importations de bibles ou de symboles religieux sont strictement prohibées. Les cartes de Noël ont été retirées de la vente certaines années. Fin 2000, trois chrétiens ont été arrêtés pour prosélytimse et détenus sans jugement jusqu’à l’automne 2001. Leur libération est intervenue après une intervention conjointe des ambassadeurs de l’Union Européenne.
IV - une vie politique anesthésiée
1 - Le sultan gouverne en personne, de manière autocratique, dans un style que l’on pourrait qualifier de "paternalisme éclairé " Haji Hassanal Bolkiah est monté sur le trône en 1967, à l’âge de 21 ans, suite à l’abdication de son père. Il cumule les fonctions de chef de l’Etat, Premier ministre, ministre des finances et ministre de la défense. Son frère, le prince Mohamed, est ministre des affaires étrangères. Les sept autres membres du cabinet sont tous apparentés à la famille royale, et à deux exceptions près, en poste depuis l’indépendance. Le Sultan est assisté de 5 conseils : le Conseil des ministres, le Conseil des affaires religieuses, le Conseil législatif, le Conseil privé, et le Conseil de succession. Seuls les deux premiers jouent un rôle effectif. Symbole de son pouvoir et de sa richesse, il s’est fait construire un palais de 1.788 pièces, couvrant 140 hectares dont 22 de surface bâtie.
2 - Il n’y a plus de véritables partis politiques depuis l’interdiction du PRB en 1962. Toutefois, les derniers prisonniers d’opinion, dont certains étaient détenus depuis cette date, ont été libérés en 1990. Le Sultan avait autorisé la création en mai 1985 du Partai Kebangsaan Demokratik Brunei (ou parti National Démocratique de Brunei, PKDB), afin d’encadrer les aspirations démocratiques de la population. Lorsqu’à la mort de son père, en 1986, le Sultan a pris réellement le pouvoir en mains, le PKDB a revendiqué l’établissement d’une monarchie constitutionnelle sur le modèle britannique. Coupant court à l’expérience en 1988, le Sultan fit interdire le parti ( qui regroupait 3.000 membres) et emprisonner ses dirigeants.
Le seul parti politique autorisé aujourd’hui est le Parti Perpaduan Kebangsaan Brunei (ou Parti de la Solidarité National de Brunei, PPKB, crée en 1985. Son activité se borne à surveiller, la bonne application des décisions du Sultan. Autorisé à tenir son premier congrès en février 1995, son audience, avec une centaine d’adhérents en 2000, reste confidentielle.
3 - le gouvernement, grâce à la manne pétrolière, accorde des prestations sociales dignes d’un Etat-providence idéal. Les impôts n’existent pas, les soins médicaux sont gratuits et de qualité. L’enseignement primaire et secondaire est gratuit, et les étudiants bénéficient de bourses généreuses, y compris à l’étranger.
4 - La presse est soumise à une censure sévère, qu’une nouvelle loi, entrée en vigueur le 1er octobre 2001, a encore renforcée. Elle compte deux quotidiens en malais ("Media Permata" et "Harian Express"), et un quotidien en anglais, le "Borneo Bulletin" (conservateur, propriété du prince Mohamed). La presse reste très prudente et se borne à jouer un rôle de relais d’opinion, comme l’ont montré les révélations - sous contrôle - ayant filtré lors de l’affaire AMEDEO.
5 - Le système juridique est basé sur la common law britannique.
Il est constitué d’une Cour suprême (Cour d’appel et Haute Cour), de cours intermédiaires, instituées en 1992, et des cours surbordonnées. L’appel des jugements rendus par la Cour Suprême se fait devant le Comité judiciaire du Conseil privé à Londres. La législation des entreprises est similaire à la législation britannique. Le droit islamique n’est applicable qu’aux seuls Musulmans, pour les questions relatives au mariage, au divorce et à l’héritage, et comporte une juridiction pénale pour les délits d’ordre religieux.
V - Une économie dominée par l’exploitations des hydrocarbures.
Brunei dispose du revenu moyen par habitant le plus élevé d’Asie du sud-est après Singapour. Cette richesse résulte des ressources en pétrole et en gaz naturel. Le secteur privé rest très peu développé.
1 - L’exploitation du pétrole et du gaz naturel domine l’économie et assure 50% du PIB, 90% des exportations et 80% des recettes budgétaires. Cette ressource est gérée avec prudence (diminution de la production depuis les années 80 et prospection permanente). Le Brunei est aujourd’hui le 4ème exportateur mondial de gaz naturel naturel liquéfié, qu’il exporte à 90% vers le Japon (plus de 5 millions de t/an), dans le cadre d’un accord signé en 1973. Shell est l’opérateur majeur et prélève 50% des revenus pétroliers. Seul TOTAL à écorné le monopole de Shell avec la production de millions de m3/jour de gaz depuis février 1999, après 13 ans de prospection. L’attribution en janvier 2002 de nouveaux permis d’exploitation off shore doit permettre le doublement de la production d’ici cinq ans.
2 - Brunei cherche depuis quelques années, sans vrai succès, à diversifier son économie. Le secteur manufacturier, composé de PME, dans les domaines du textile, de l’agro-alimentaire, ou de la fabrication de meubles, ne représente encore que 3% du PIB. L’agriculture est négligeable. L’exportation du bois est interdite. La mise en valeur des terres est coûteuse, et l’exiguïté du marché intérieur rend la production locale peu rentable. Le ministère de l’agriculture emploie plus de personnes que le secteur agricole de production tout entier. Dans le domaine du tourisme ou des services financiers, les projets n’on pas tenu leurs promesses.
VI - Une politique étrangère encore peu active
1 - La politique étrangère semble orientée vers un seul but : pérenniser l’existence de ce petit Etat, hanté par le sort du Koweit en 1990, et qui a échappé ce peu à l’annexion par ses voisins. Le Brunei, membre de l’OCI, fait jouer la solidarité islamique et sait se montrer généreux. Toutefois, sa politique étrangère, plus active depuis quelques années, est d’abord fondée sur son appartenance à l’ASEAN, qu’il a rejoint dès l’indépendance. Brunei a ainsi accueilli le sommet de l’APEC en novembre 2000, puis, en 2001. Il a organisé la conférence ministèrielle de l’ASEAN à l’été 2002. Président du PECC (Pacific Economic Cooperation Council), il a été l’hôte du sommet en 2003.
2- La Grande-Bretagne reste un partenaire privilégié. Pratiquement tous les membres du gouvernement, de la haute administration et des forces armées, ainsi que de nombreuses personnalités du monde des affaires, on été formés dans les universités britanniques.
3 - Les relations avec la Malaisie restèrent longtemps tendues, mais se sont améliorées dans le cadre de l’ASEAN. Brunei avait refusé l’intégration à la Fédération de Malaysia, et la Malaisie avait accordé l’asile à une dizaine de responsables de l’insurrection de 1962, évadés de Brunei en 1973. Depuis les relations se sont normalisées, en dépit du contentieux pétrolier qui existe entre les deus pays et des revendications du gouvernement sur le territoire malaisien de Limbang, qui sépare Brunei en deux parties
4 - Le Brunei entretient d’excellentes relations avec le Japon, qui est son premier client par ses achats de gaz. Mitssubishi est le second investisseur, et Brunei voit dans ses relations avec le Japon une alternative aux liens incontournables avec la Grande-Bretagne.
5 - Les forces armées, commandées par des officiers loyalistes issus de la noblesse, ont été réorganisées en 1991 en trois armes : Terre (3.900h.), Marine (700 h.) et Armée de l’Air (400 h). Le Sultan entretien en outre, à ses frais, une unité de 2.300 Gurkhas destinée à assurer sa sécurité et celle de sa famille. 800 Gurkhas et 200 soldats anglais assurent par ailleurs la sécurité des forages de Shell.
VII - Les relations franco-bruneiennes ont changé de nature ces deux dernières années, dans la mesure où elles concernent désormais l’ensemble de notre activité extérieure. Les rapports se sont développés progressivement avec les ministères des finances et de l’industrie, des communications, ceux de la culture et de l’éducation et plus récemment deux de la défense et de l’intérieur.
1-Un ambassadeur résident a été accrédité à Brunei dès 1984, et Brunei a ouvert une représentation diplomatique à Paris en juillet 1989, avec un ambassadeur résident depuis 1991. Les chefs d’Etat entretiennent des contacts personnels et privilégiés sur un rythme annuel. Le sultan a fait une visite d’Etat en France en décembre 1996, puis s’est rendu à Paris en visites de travail en 1998 et en novembre 1999. Les chefs d’Etat se sont aussi entretenus à Séoul en novembre 2000, en marge du sommet de l’ASEM. M. Jacques Dondoux, secrétaire d’Etat au commerce extérieur, s’est rendu à Brunei en octobre 1997 et la dernière visite d’une personnalité française est celle de M. Renaud Muselier, seccrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères en juillet 2003 qui a convaincu ses interlocuteurs de notre volonté de diversifier les liens entre les deux pays. L’Amiral commandant la zone maritime de l’Océan Indien a également séjourné deux fois au Brunei ainsi que de nombreux officiers d’Etat-Major.
2 - Nos relations économiques sont dominées par le secteur pétrolier et para pétrolier. TOTAL est le premier investisseur français, présent au Brunei depuis 1986. La production de gaz et de pétrole a démarré en février 1999. La nouvelle zone d’exploitation en mer attribuée en janvier 2002 est prometteuse. Grâce à l’exploitation de 10% des gisements gaziers et pétroliers, la France est le second investisseur étranger à Brunei. Nos consctructeurs automobiles accroissent peu à peu leur part de marché et l’arrivée d’appareils AIRBUS considérés ici comme des avions français, a renforcé notre image de marque. ALCATEL qui a obtenu un des plus gros contrats public de ces dernières années, et THALES sont également présents en force, BNP-Paribas participe au capital d’une des principales banques bruneiennes, INDO-SUEZ s’est montrée aussis très dynamique. Les bruneiens investissent de leur côté en France. Ils possèdent deux des plus beaux fleurons hôteliers de Paris dans lesquels nous hébergeons nombre de délégations officielles.
3 - Notre coopération culturelle est essentiellement menée par le biais de l’Alliance Française. crée en 1986. Outre les cours de langues (elle accueille environ 400 élèves), son action s’est développée ces dernières années vers l’organisation de manifestations culturelles (spectacles, expositions, festival du film français depuis 5 ans). L’enseignement du français est en forte progression et concerne cinq fois plus de personnes qu’il y’a trois ans. Notre langue est enseignée à plus de mille étudiants et élèves et constitue la seconde langue étrangère dont les cours sont dispensés au Brunei dans les établissements publics après l’anglais.
Dans le domaine scientifique, peu de choses ont été faites jusqu’à présent. Une convention scientifique de coopération entre l’Université de la Rochelle et celle de Brunei a été signée en date du 1er mars 2005. La signature de cette convention constitue une étape significative dans le processus de mise en place d’une coopération scientifique entre les deux pays.
4 - Notre coopération militaire connait un essort très marquant fondé sur un comité conjoint qui se réunit une fois par an, cette coopération s’est fortement accrue grâce à la tenue de nombreux séminaires et la venue de délégations de haut rang. la France a déjà fourni des équipements de tirs de missiles et des véhicules blindés.
