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Rappel historique

UNE NATION SOUVERAINE

- Histoire d’une dynastie

La présence de l’homme sur l’île de Bornéo remonte d’après les études des archéologues dans les grottes de Niah, le site le plus ancien de l’île, à quelques 35 000 ans. Les Malais y seraient arrivés, eux, avant l’ère chrétienne. Leur vie durant les tous premiers siècles nous est encore inconnue. La première mention de Brunei dans des textes anciens, chinois et indiens, remonte au tout début du VIème siècle. Brunei s’appelait alors Poni ou Poli.

Les camphriers de la somptueuse forêt qui recouvrait l’île de Broneo attirèrent très tôt semble-t-il, les marchands de Chine, d’Inde et des pays de l’Arabie Heureuse, grands consommateurs de camphre, d’essences aromatiques et de bois précieux. D’importantes relations commerciales s’établirent entre ces pays et Brunei qui devint un véritable port d’appel. Des échanges d’émissaires eurent lieu, des comptoirs se créèrent ; très vite l’influence de Brunei s’étendit sur toute l’île de Borneo, puis jusqu’aux Philippines (XV-XVIème siècles).

- Brunei, qui en sanskrit, signifie marchand, a commercé avec les plus grandes civilisations

Un grand bond dans l’histoire et nous voici plongés dans l’aventure des grands découvreurs, de ces voyageurs qui relaient sans autre instrument de navigation que les étoiles. Des voyageurs des grandes civilisations du Moyen-Orient, de la Chine à l’Inde,de l’Arabie à la Méditerranée. Fabuleuse épopée que celle de ces bateaux, ces caravanes qui transportaient myrhe et encens, musc et épices, bois aromatiques et pierres précieuses d’Orient en Occident. Brunei figura dans tous les récits de voyages chinois ou hindus. Le plus ancien de ces textes évoquant Brunei sous le nom de Poni est chinois et remonte à l’an 518. Dans d’autres, on trouve mention du titre que portaient alors les rois ou Rajas de Brunei San Aji et de la première capitale de Brunei, Kota Batu qui s’élevait au-dessus de la rivière Brunei, tout comme l’actuelle capitale Bandar Seri Begawan. Quelques pierres, qui dateraient du VIIIème siècle, en gardent le souvenir.

Tous les postes de commerce de Brunei se trouvaient à l’embouchure des rivières où les forestiers livraient, par la rivière, seule voie d’accès de l’intérieur, camphriers et bois de santal. Le camphre de Brunei était le plus réputé et la Chine n’hésitait pas à le payer fort cher. Des bateaux venus de Chine, d’Inde ou d’Arabie y attendaient les précieuses cargaisons. Aussi les marchands des pays avoisinants prirent-ils l’habitude d’y venir vendre épices, plantes aromatiques, tous les prodits précieux que recherchaient leurs riches clients. Brunei devint ainsi un centre d’échange important dans toute l’Asie du Sud-Est.

Les annales de la Dynastie Sung qui régna sur la Chine du Xème au XIIème siècles nous révèlent l’ampleur des liens commerciaux et culturels entre la Chine, particulièrement la province de Fukien et Brunei : traités commerciaux, échanges d’ambassadeurs, d’artistes et d’artisans...L’art et l’artisanat, à Brunei, ont été très marqués par la Chine tant dans leurs formes que dans leurs décors. Il existe toujours à Brunei une importante communauté chinoise.

Tout comme le pétrole au XXè siècle, le camphre apporta la richesse à Brunei qui devint un pays très puissant, admiré de tous ses voisins et reconnu par toutes les tribus de l’intérieur de Borneo. Quelle meilleure image de cette puissance que l’évocation par un inspecteur des douanes chinois de l’arrivée du roi de Brunei à Fukien, en 1225, escorté de cent bateaux de guerre et accompagné de 500 hommes portant armure de bronze et épée. Les robes des femmes des dignitaires, ajoute-t-il étaient en soie, tissées d’or...

Marco Polo, le grand voyageur vénitien, l’un des premiers européens à s’être rendu en Extrème-Orient à la fin du XIIIème siècle, auteur de l’étonnant Livre des Merveilles, ne s’est jamais arrêté à Brunei, mais il en a évoqué maintes fois la richesse dans ses écrits, suggérant même que l’empereur de Chine aurait bien aimé conquérir ce pays !

Les Arabes, qui étaient également de grands marchands et de grands coureurs de mer, ne ménageaient pas non plus leur admiration pour ce pays dont les habitants étaient également d’habiles marins, mais aussi de vaillants guerriers. Plusieurs ouvrages arabes décrivent Brunei, ses villes sur pilotis que les uns appelaient Sribuza, les autres Muja. En 900, un physicien de Bagdad, Ishak Ibn Imran, dans ses traités, vantait les vertus médicinales du camphre de Brunei. En 1154, dans son livre des Délices, Abu Abdullah As-Sharif Al Idrisi s’émerveillait de la fière allure de ces "pengirans", portant des colliers d’or, qui commandaient les navires du roi Kamrun. Au XIVème siècle, Ibn Batuta, le grand géographe de l’Arabie n’hésita pas à comparer en puissance le roi de Brunei et l’empereur de Chine !

- A la fin du XIVe siècle, Brunei embrasse l’Islam et fonde la dynastie des Sultans de Brunei, l’une des monarchie les plus anciennes au monde

A la fin du XIVème siècle ou au tout début du XVème

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Mausolée Sharif

siècle, l’Islam déjà très présent en Inde, dans l’empire Moghol, parvint à Brunei. Awang Lak Betatar qui régna de 1363 à 1402 s’y convertit et devin le premier Sultan musulman de Brunei sous le nom de Sultan Mohammad Shah. Il fit de l’Islam la religion officielle du pays et l’un des principes de base de la monarchie et de la tradition malaises dont il était le garant. il est le fondateur de cette dynastie royale, l’une des plus anciennes au monde, dont le Sultan actuel est le 29ème descendant.

Sa petite fille épousa un descendant du prophète Mahomet, Sharif Ali, venu en 1375 de Taif en Arabie Saoudite pour enseigner à Brunei les principes de l’Islam. Il fit bâtir la première mosquée de Brunei, convertit beaucoup de Brunéïens et devint, en 1425, à la demande du second sultan de Brunei, Sultan Ahmad qui lui offrit, suprême honneur, de lui succéder, le 3ème sultan de Brunei sous le nom de Sultan Berkat. Il ne régna que sept ans mais accomplit un travail incomparable. Il établit à Brunei les principes de la règle islamique, sur laquelle il basa tout le système législatif et judiciaire, système toujours actuel. Ayant apporté avec lui d’Arabie Saoudite la fameuse épée royale, "Si Bongkoh", il créa le Trésor royal, ces symboles de la monarchie de Brunei que tout visiteur peut voir au Royal Regalia Museum à Bandar et dessina lui-même l’emblème "panji-panji" qui orne le drapeau brunéien en son centre.

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Payung Ubo-Ubor : L’ombrelle royale
- Sayap : L’aile à quatre plumes qui symbolise la protection de la justice, prospérité et la paix dans le pays ;
- Tangan (Kimhap) : Les mains symbolisent l’engagement du pays à promouvoir le bien-être, la paix et la prospérité ;
- Bulan : Le croissant est le symbole de l’Islam

Il introduisit l’écriture "Jawi" toujours utilisée de nos jours, et ajouta au nom du pays ce fort beau titre "Darussalam", le Royaume de la Paix. Kota Batu devint véritablement la capitale de Brunei sous son règne. Sharif Ali repose aujourd’hui au-dessus de la rivière Brunei.

- Le grand règne du Sultan Bolkiah (1485-1524) Age d’or de Brunei

C’est sous le règne du Sultan Bolkiah, 5ème Sultan de Brunei, que le pays connut la plus grande puissance. Brunei couvrait alors Borneo, les territoires de Sulu et de Siludung et s’étendait au sud des Philippines jusqu’à Manille qu’il conquit avec un canon, devenu légende tant il était redouté, "Si-Gandar-Alam" (celui qui secoue le monde). Ce sultan avait une personnalité hors du commun. Excellent marin, passionné de voyages, il aimait visiter ses territoires. Fier de l’étendue de son royaume, il emportait dans ses déplacements une jarre contenant huit livres de graines de poivrier et plantait ces graines une par une à chacune de ses escales. Lorsqu’il rentrait, la jarre était vide. Féru de musique et de poésie, il emmenait toujours sur son bateau l’orchestre royal et jouait avec eux du luth et du tambour. Son peuple qui le vénérait l’avait surnommé "Nakhoda Ragam" l’amiral chantant. Brunei était souveraine sur les mers d’Asie. La Chine, elle, s’était considérablement retirée du commerce sur mer depuis 1425.

Le Sultan Bolkiah, aujourd’hui, repose au-dessus de la rivière de Brunei, non loin de Sharif Ali.

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Mausolée Bolkiah

Sa tombe en pierre, finement ciselée est très vénérée. Durant tout le mois de Ramadan, le Coran y est lu à haute voix et les textes répétés 40 fois : Un rituel également respectée au Mausolée où reposent les sultants de ce pays "Makam Di-Raja".

Lorsqu’en 1511, Malacca tomba entre les mains des Portugais fort désireux de s’approprier le commerce des épices, beaucoup de marchands malais, musulmans, de cette grande place tournante du sud-est de l’Asie vinrent s’installer à Brunei, augmentant ainsi son importance commerciale. Brunei devint en ce début de XVIe siècle le grand centre du commerce du camphre, des bois aromatiques du poivre et de l’or, mais aussi du musc, des plumes d’oiseaux, de la cire d’abeille, des cornes de rhinocéros, des perles pour l’Asie, l’Inde et le Moyen-Orient. Les charpentiers bruneiens construissaient d’énormes navires de plus de 500 tonnes pour transporter le poivre. Grand centre d’exportation, Brunei importait aussi des tissus, de la soie de l’Inde ou de Chine, des porcelaines, du cuivre, de l’argent que leurs artisans travaillaient magnifiquement et qu’ils revendaient ensuite. En même temps, Brunei était devenu le centre de la propagation de la foi islamique en Asie.

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Couronne royale

- La venue des Européens dans cette partie du Monde pour ravir le commerce des épices engendra rivalités et déclin

Parallèlement, Portugais, Espagnols et Hollandais augmentèrent leurs comptoirs dans cette partie du monde, faisant de plus en plus d’ombre à Brunei. La visite des bateaux de l’expédition Magellan commencée en 1521 dans la plus grande amitié se transforma en désastre lorsqu’un jour les Portugais virent avancer vers leur bateaux les navires de guerre du Sultan. Croyant à une attaque, ils s’emparèrent des Brunéïens qu’ils vendirent plus tard comme esclaves. En fait la flotte du Sultan avait été juste rassemblée dans le port pour parer à l’attaque éventuelle d’un rival ennemi dont on avait annoncé au Sultan la venue. Malentendu irréparable, confiance irrémédiablement rompue !

Les Espagnols s’emparèrent des Philippines, puis vinrent attaquer Brunei en 1527. Leur occupation de Brunei ne dura que 72 jours ; il en furent chassés manu militari par Pengiran Bendahara Sakam lors de la célèbre Bataille de Castille. Mais le pays ne retrouva pas sa splendeur d’antan. Le commerce y déclina progressivement, définitivement capté par les Européens, surtout par les Hollandais installés à Java depuis 1619. Brunei subit au XVIIe siècle plusieurs assauts des Espagnols, mais réussit cependant à chaque fois à les repousser.

Brunei n’étant plus aussi puissant sur l’échiquier commercial de l’Asie du Sud-Est, plusieurs états vassaux comme le sultanat de Sulu ne prétèrent plus serment d’allégeance au Sultan et se détachèrent de Brunei. Entre 1660 et 1673, d’importants troubles civils éclatèrent. Aux XVII et XVIIe siècles, le commerce dans dans toute la région asiatique, passa entre les mains des grandes puissances européennes, rivales sur les mers comme sur terre. Corsaires, pirates, l’océan et les côtes devinrent le théâtre de nombreux combats et raids.

Au XIXe siècle, Brunei se trouva dans une situation extrèmement difficile, considérablement affaibli financièrement par la chute de son commerce, privée de bien des territoires qui ne reconnaissaient plus l’autorité du sultan et à la merci des ambitions de ses voisins. James Brooke, un Anglais qui rêvait d’étendre l’influence britannique sur tout Bornéo, profita très vite de cette vulnérabilité. Il arriva à Brunei en 1839, aida le Sultan à réprimer une révolte dans la partie brunéïenne de Sarawak dont il devint le gouverneur en récompense de ses services. Il intrigua tant au nom de la British Royal Navy, promettant sa protection contre l’irruption des pirates, qu’il prit de plus en plus de pouvoir à Brunei qui céda à la Couronne, en 1846, le territoire de Labuan. Bientôt James Brooke se trouva à la tête de tout le Sarawak. Commençait alors le règne des "Rajahs Blancs", en fait plusieurs génération de la famille Brooke, qui parvinrent étendre leur pouvoir en exerçant maintes pressions sur le Sultan pour le forcer à vendre d’autres territoires. Pengiran Dipa Negara réussit à déloger Charles Brooke de Mukah, mais Brunei n’avait pas force militaire suffisante pour anéantir les Brooke. Le Sultan Abdul Mumim fit jurer à ses "pengiran" de ne plus vendre de terres à la famille Brooke et de préserver ce qui restait de Brunei. Pour assurer cette survie de la nation et résister aux ambitions des Brooke à Sarawak et de la British North Borneo Company à Sabah où venait d’être établie une charte britannique, le Sultan Hashim Jalilul Alam Aqamaddin se résolut en 1888 à accepter la protection des Britanniques. Cette alliance n’arrêta pas pour autant Charles Brooke qui, en 1890, n’hésita pas à s’emparer de la vallée de la rivière Limbang, coupant ainsi Brunei en deux et séparant définitivement la province de Temburong du reste du pays. En 1906, Brunei accepta qu’un Résident britannique soit nommé avec un droit de regard sur la politique intérieure, excepté les Affaires religieuses et les traditons malaises. Ce protectorat allait durer jusqu’en 1984.

- En 1929, une découverte extraordinaire, le pétrole, changeau le cours du destin de Brunei et entraîna une véritable renaissance,

Le premier forage pétrolier eut lieu en 1899, mais aucun pétrole ne fut trouvé avant 1929. Il jaillit pour la première fois le 5 avril 1929 à Seria sur un puits foré par Shell qui produisit 5320 barrils. Si ce premier puits fut abandonné en 1930, la région de Seria se révéla un important gisement ; 760 puits y furent forés (17.500 b/j) en 1940, 150.000 b/j en 1989). Lors de la découverte du gisement, la région n’était que forêt innondée, jungle, infestée de crocodiles, sans route, accessible seulement par la plage à marée basse. Difficile à imagnier lorsqu’on visite aujourd’hui Kuala Belait et Seria, deux villes modernes, aux larges avenues, traversées par une autoroute...Lorsque les Japonais envahirent le pays en 1941, Shell préféra détruire les installations pétrolières plutôt que de les laisser tomber entre des mains ennemies. Durant les trois ans et demi d’occupation, les Japonais tentèrent de relancer les gisements de Seri et de Miri, un forage Shell à la frontière du Sarawak et de Brunei. Lorsque les Autraliens arrivèrent en juin 1945, les Japonais incendièrent 38 puits à Seria. Il fallut réparer maints équipements, remettre en marche les puits incendiés, l’oléoduc de Tutong, bâtir de nouveaux réservoirs de stockage, une nouvelle station de pompage. Une nouvelle forêt vit le jour à Seria : une forêt de têtes de pompage à balancier (nodding donkeys). En 1950, le gisement de Seria produisit du gaz naturel et Brunei se met à construire une usine pour traiter le gaz naturel.

Le premier gisement offshore, South West Ampa, put être exploité dès 1965. Un oléoduc fut construit sous la mer pour transporter le brut jusqu’au rivage. Dans les années 70, ce même champ pétrolifère produisit du gaz. Aussitôt une usine de liquéfaction du gaz naturel fut mise en chantier à Lumut et inaugurée en 1972 : le gouvernement de Brunei, Shell et Mitsubishi créèrent Brunei LNG. Sept méthaniers furent construits pour transporter le gaz liquéfié au Japon, principal client du gaz de Brunei. Un véritable complexe industriel vit le jour. Jamais le monde n’avait encore vu usine de liquéfaction aussi importante. Il est vrai que Brunei et le Japon venaient de signer un accord sur 20 années pour fournir 5 millions de tonnes de gaz/an à la Tokyo Electric Power Company La découverte de cinq nouveaux gisements offshore de grande importance, dont le célèbre Champion et l’entrée pour moitié du gouvernement du Brunei dans la compagnie Brunei Shell Petroleum permirent de construire un nouveau terminal à Seria, et deux unités de chargement en mer pour les trois pétrolier. Aujourd’hui le complex Champion 7 est la plus gigantesque installation offshore. Brunei eut sa raffinerie en 1983. Brunei est aujourd’hui le troisième producteur de pétrole en Asie du Sud-Est derrière l’Indonésie et la Malaisie. Les découvertes ne cessent pas mais au rythme de production actuel (175.000 b/j pour le pétrole et 10 Gm3/an pour le gaz), les réserves de Brunei sont estimées à 20-25 ans pour le pétrole, à 40 ans pour le gaz.

- Sultan Omar Ali Saifuddien III L’architecte du Brunei Moderne

Tout était à faire pour réveiller Brunei, conduire le pays vers l’indépendance et le porter au niveau des grands pays industriels tout en préservant ses valeurs morales, ses traditions et sa fidélité à la monarchie islamique. Les Britanniques, depuis 1888, prenaient toutes les décisions majeures, édictaient les lois, tenaient les leviers de l’administration.

Omar Ali Siffudien III monta sur le trône en 1950. Durant ses 17 ans de règne, il mit en place progressivement les différentes étapes de la renaissance du pays. L’éducation fut pour lui une prorité : Brunei n’avait aucun diplomé ; il lui fallut donc mettre en place tout un système éducatif, envoyer des jeunes à l’étranger, mais aussi penser à préparer ces jeunes à leur rencontre avec le monde moderne afin qu’ils ne perdent pas leur identité. Lorsqu’en 1959, les Britanniques commencèrent à préparer leur retrait de Brunei, il rédigea pour son pays une constitution dans laquelle le pouvoir exécutif revenait enfin au sultan. Quoique toujours sous protectorat briatnnique, Brunei retrouvait une certaine autonomie dans les affaires intérieures.

En octobre 1967, Omar Ali Saiffudien III addiqua en faveur de son fils aîné qui devint le 29ème sultan de Brunei. En reconnaissance de son action, il reçut le tire honorifique de "Begawan Sultan" (le sultan loué) et la capitale, Bandar Brunei, prit son nom et devint Bandar Seri Begawan. Le couronnement du nouveau sultan en 1968 tint, par ses fastes, des contes des Mille et Une Nuits.

En 1971, la constitution fut amendée : le sultan reçut les pleins pouvoirs en ce qui concernait les Affaires Intérieures, la Grande-Bretagne gardait les Affaires Etrangères et la défense du territoire.

Hassanal Bolkiah redonne à Brunei son indépendance et porte le pays au rang des pays les plus développés

Un traité signé en 1979 promit à Brunei l’indépendance, qui fut proclamée le 31 décembre 1983 à minuit. Brunei devint alors le 169ème état souverain du monde et retrouva son nom de Negara Brunei Darussalam, celui que lui avait donné Sharif Ali. Peu après, Brunei devint membre du Commonwealth et des Nations Unies, rejoignit l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande dans l’ASEAN (Association of South East Asian Nations), forma avec le nord-ouest indonésien (Kalimantan, Célèbes, Sulawesi, Irian Jaya, la Malaisie orientale (Sabah et Sarawak) et le sud philippin (Mindanao, Palawan) un nouveau triangle de croissance, le BIMP-EAGA (East Asian Growth Area), organisation dont le Sultan de Brunei est président et dont le siège est à Bandar Seri Begawan. Brunei fait également partie de l’Organisation de la conférence islamique, du Mouvement des non-alignés, de l’Organisation du commerce international et de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation forum).

La montée des prix du pétrole en 1974 permit à Brunei de trouver les fonds nécessaires pour mettre en place toute une politique de développement, de modernisation sous forme de plans quinquennaux. Il fallut créer écoles, collèges techniques, université, routes, logements, hôpitaux, mettre en place un service de docteurs volants pour assurer les soins des tribus de l’intérieur... Dans le Ve plan (1986-1990), l’accent fut mis pour la première fois sur l’importance de la mise en place d’un secteur privé, la nécessité d’augmenter le secteur agricole, et sur le projet de faire de Brunei un centre international de la finance. Bien que les revenus pétroliers fussent très elevés et les placements faits à l’étranger par la Brunei Investment Agency très profitables, le pays commençait à prendre conscience qu’il se devait de mettre en place une politique de diversification.

Le VIème plan (1991-1996) encourageait le développement des ressources humaines, l’élargissement du secteur industriel avec la création de zones industrielles, l’exploitation de nouvelles ressources, tout en attirant l’attention sur la protection de l’environnement. Politique confirmée par le VIIe plan (1996-2000), qui choisit pour objectif principal de faire de Brunei une plate-forme d’échanges régionale pour le commerce et le tourisme. Près de 20% du budget sont alloués au développement des transport et des communications. Il est vrai que Brunei jouit d’une position centrale privilégiée au sein d’une zone géographique en plein développement (Indonésie, Philippines, Malaisie).

Aujourd’hui, Brunei est un pays stable, dont le niveau de vie est l’un des plus élevé d’Asie du sud-est. Le Sultan, qui assume également les fonctions de Premier Ministre, Ministre de la Défense, Ministre des Finances et Chef suprême des Forces Armées, est un monarque absolu. La constitution prévoit que toutes les décisions remontent à lui. Il est assisté par cinq conseils : le Conseil Religieux dont il recueille les avis sur la conformité à l’Islam de ses décisions (le Sultan est aussi le chef religieux de son pays), le Conseil Privé, le Conseil de Sucession, le Conseil des Ministres qu’il préside et qu’il dirige et enfin le Conseil Légistlatif, qui n’est qu’un organe consultatif qui composé d’une vingtaine de ministres, haut fonctionnaires et hommes d’affaires proches du pouvoir. Son fils, Yang Teramaid Mulia Paduka Seri Duli Pengiran Muda Hj Al Muhtadee Billah, a été proclamé Prince Héritier en août 1998.

Le sultan avait 21 ans lorqu’il monta sur le trône en 1968. Aujourd’hui, on ne peut que constater qu’un lien très fort unit le sultan à son peuple. Lorsque que chaque année, à la fin du Ramadan, lors des fêtes d’Hari Raya, il ouvre son palais, ils sont des milliers à venir durant ces trois jours le saluer, lui témoigner leur espect, leur attachement.

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